Accueil > Dossiers > Des politiques agricoles destructrices > Le maïs et l’irrigation

Le maïs et l’irrigation

dimanche 1er novembre 1998, par CDMP

1. Une plante excessivement gourmande en eau... une culture qui épuise nos ressources en eau...

Sur l’ensemble du cycle de culture, la demande en eau d’un hectare de maïs-ensilage approche 6 700 m3(1)

Ce chiffre correspond à une consommation réelle, puis cette eau est évapo-transpirée (et donc exportée) à 99,5%.
rapportée à un pied de maïs, cette consommation équivaut à 74 litres (50 bouteilles d’ l litre ½, soit à l’hectare : 4 500 000 bouteilles d’1 litre ½ !)
Les besoins en eau du maïs sont particulièrement importants (environ 50% du total) dans la période de 40 à 60 jours qui encadre la floraison femelle. Cette période se situe en moyenne, et selon les variétés, entre le 20 juin et le 20 août.
Or, la pluviométrie des mois de juin-juillet-août dans nos régions du Centre-Ouest est faible (en moyenne, de l’ordre de 130 mm, soit 1 300 m3/ha ; et 1 année sur 5 : moins de 50 mm).


1. Le besoin total/ha est évalué à 6 693 m3 pour une production de 52 t/ha de matière fraiche, et 18 t/ha de matière sèche.
D’après La Gestion des ressources en eau à l’échelle d’un bassin versant ; aspects quantitatifs. collect., CRDP Poitiers, 1990).

2. La folle logique de l’irrigation :

L’irrigation a pour objectif de répondre aux besoins de la plante pendant sa période de sensibilité au déficit hydrique.

Ce déficit varie selon les années. Cependant, l’apport de l’irrigation est, en moyenne, de l’ordre de 2 000 à 2 500 m/ha.
Les prélèvements estivaux de l’irrigation dans la seule plaine vendéenne tendent désormais chaque année vers les 40 000 000 m.

Ce volume excède largement la consommation totale annuelle des abonnés au syndicat départemental d’alimentation en eau potable du département de la Vendée (en moyenne 120 m3 par abonné, soit un total de 27 800 000 m3).

3. Une « économie » entièrement basée sur un système de subventions à la production

LES AIDES COMPENSATOIRES AUX CULTURES
(céréales, oléagineux, protéagineux) :

Elles ont été instituées dans le cadre de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) en 1992.

Le montant par hectare de ces aides est calculé en multipliant un montant fixé au niveau européen par un rendement de référence (valeur moyenne établie par département).

L’irrigation assure une élévation de ce rendement dans une fourchette de + 30 à + 40 quintaux/ha pour notre région.

LE MONTANT DES PRIMES A LA PRODUCTION CEREALIERES EN 1999 :

cultures irriguées :

non irrigué :
Charente-Maritime :
2 672 F/ha

1 965 F/ha
Deux-Sèvres :
2 716 F/ha

1 915 F/ha
Vendée :
2 644 F/ha

1 972 F/ha

(montants prévisionnels. La France agricole, 24.10.1997.
voir aussi les montants 2000)

Pour le seul département des Deux-Sèvres, le différentiel des primes à la production en faveur de l’irrigation (qui concernent 910 exploitants sur les 6 500 producteurs de céréales que compte ce département) représente un total d’environ 25 000 000 F.

En Charente-Maritime et en Vendée, les hectares de marais drainés bénéficient du niveau de prime des cultures irriguées.

L’EVOLUTION DES SURFACES IRRIGUEES ET DES PRELEVEMENTS D’EAU :

De 1988 à 1993, l’augmentation des surfaces irriguées (+ 50%) sur la région Poitou-Charentes a engendré une hausse de plus de 52 % des prélèvements d’eau pour l’agriculture (+ 70 000 000 m3).

En 1993, toujours dans la région Poitou-Charentes, les prélèvements bruts d’eau représentaient 390 500 000 m3, dont 210 300 000 m3 (54%) pour l’irrigation.

à noter :

en 1988, la région Poitou-Charentes comptait 98 500 ha irrigués.
en 1995, la région Poitou-Charentes comptait 156 100 hectares irrigués (source IAAT).

Soit une augmentation des surfaces irriguées de l’ordre de + 58% entre 1988 et 1995.

(novembre 1998)