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Un projet à la naissance laborieuse

dimanche 28 décembre 2003, par CDMP

[révisé le 28 décembre 2003]
La recherche d’une amélioration de la liaison routière entre les départements de la Vendée et de la Charente-Maritime a connu plusieurs avatars, toujours considérés comme des maillons de la "*Route des Estuaires".

Dans un premier temps, il avait été envisagé d’aménager la R.N.137 entre Sainte-Hermine et La Rochelle.

Une évaluation de ce projet conduisit aux conclusions suivantes :
Un aménagement de la R.N. 137 entre Sainte-Hermine et Marans présenterait toutes sortes d’inconvénients rédhibitoires, compte tenu à la fois des caractéristiques géométriques de la voie, des zones écologiquement sensibles traversées, et des zones urbanisées à dévier.

Ce constat conduisit les autorités à rechercher un tracé neuf plus à l’Ouest : ce fut le projet d’une G.L.A.T. - Grande Liaison d’Aménagement du Territoire - (en 2 x 2 voies) Sainte-Hermine - La Rochelle.
Le tracé envisagé traversait le Marais Poitevin sur plus de 20 km, des Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Z.N.I.E.F.F.) sur plus de 9 km, et des Zones importantes pour la conservation des oiseaux (Z.I.C.O.) sur plus de 17 km.
Incompatible avec la préservation de l’environnement, ce projet dut être abandonné...

(... avant que les conseils généraux de Charente- Maritime et de Vendée ne le reprennent à leur propre compte !)

Le 25 octobre 1994, les ministres de l’Equipement (M. B. Bosson) et de l’Environnement (M. M. Barnier) annonçaient leur décision d’abandonner le projet de G.L.A.T. Sainte-Hermine - La Rochelle, et de mettre à l’étude une liaison autoroutière Fontenay-le-Comte - La Rochelle - Rochefort (A831).

En application de cette décision, une "consultation" a été organisée en 1997, devant conduire à la définition du fuseau des 1 000 m.

Cette consultation a soulevé les critiques des associations de défense de l’environnement, ainsi que des associations de riverains, sur des raisons de forme et de fond.

Le point de vue de la Coordination : une parodie de concertation.
(octobre 1997)

Le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’environnement a pour sa part demandé que des études d’alternatives soient réalisées, notamment dans une perspective multimodale.

La lettre de Dominique VOYNET, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement.
(17 février 1998)

En juillet 1999, une nouvelle phase de concertation a été ouverte, après présentation des études complémentaires commandées par le Ministère de l’Équipement, des Transports et du Logement.

Le point de vue de la Coordination :

Logique de financement contre besoins de transports
(Septembre1999)

La position de la L.P.O. (Ligue pour la Protection des Oiseaux)
(6 novembre 2000)

Constat de désaccord persistant entre les administrations de l’Équipement et de l’Environnement

Dans un courrier daté du 23 décembre 1999 et adressé à Maxime Bono, député-maire (P.S.) de La Rochelle, le Premier Ministre Lionel Jospin annonce que le projet de liaison Rochefort / La Rochelle / Fontenay-le-Comte sera inscrit dans le schéma des services collectifs de transports "sous la forme d’une autoroute concédée".

Dans le cadre des travaux préparant ce schéma, Dominique VOYNET, ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement écrit le 4 avril 2000 à son collègue ministre de l’Équipement et des Transports, et lui rappelle les nombreuses réserves émises par ses services à l’encontre du projet d’autoroute A 831 :

  • "La décision de réaliser une infrastructure nouvelle me semble tout à fait prématurée et nécessite à tout le moins que soient poursuivies les études des solutions alternatives esquissées dans le dossier soumis à la concertation", écrit notamment la ministre.
  • Les difficultés non résolues que soulève le projet sont soulignées par ce courrier : l’étendue des zones inondables traversées, la fréquence et l’ampleur des crues, impliquent de retenir des solutions de transparence dont le coût sera vraisemblablement très élevé ; les impacts hydrogéologiques et ceux sur la ressource en eau, liés aux opérations de remembrement, doivent être appréciés.
  • Selon la ministre et ses services, "la décision de réaliser une infrastructure nouvelle supposerait que soient préalablement étudiées de manière approfondie les conditions de faisabilité technique et financière de cette dernière en cohérence avec les politiques de gestion des milieux qu’il convient de conduire sur les secteurs concernés".

Le texte intégral de la lettre de Dominique Voynet


De son côté, Jean-Claude GAYSSOT, ministre de l’Équipement, interrogé par le journal Le Monde daté du 27 avril, reste sourd à tous les arguments qui lui ont été communiqués, tant par les associations que par le ministère de l’Environnement. Se gardant bien de répondre aux observations qui ont été émises, il en est réduit à proférer des contre-vérités !

"Concernant le dossier de l’A831 qui traverse en partie le marais poitevin, l’alternative est entre la modernisation de la route existante et la construction d’une nouvelle autoroute. La subvention publique sera moins lourde si on choisit l’autoroute. Et je suis économe des deniers publics. Il n’est pas certain que l’autoroute soit plus nocive pour les espaces naturels que l’agrandissement de l’axe existant".

Limiter les traversées des milieux sensibles des marais Poitevin et de Rochefort.

Dans une lettre adressée aux préfets de la Charente-Maritime et de la Vendée (31/10/2000), le ministre de l’Équipement et des Transports Jean-Claude Gayssot souligne qu’en contre-partie du choix de la solution autoroutière, "il est important que les aménagements sur les routes nationales et départementales traversant les milieux sensibles des marais Poitevin et de Rochefort soient limités à de simples aménagements de sécurité et de protection des riverains."

Suite : le fuseau des 1000 m ...