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L’eau, la pluie, l’irrigation…

mardi 26 avril 2005, par CDMP

L’eau, la pluie, l’irrigation…

Quels que soient les aléas climatiques, il est évident pour tous que la gestion des nappes phréatiques privilégie l’irrigation agricole estivale contre les autres usages : l’eau potable, ou les besoins des milieux aquatiques. Le tarissement précoce des sources autour du Marais et l’inversion dès le milieu de l’été du courant dans les canaux des zones périphériques (qui s’écoulent alors vers la Plaine) sont des preuves irréfutables.

Lors du dernier Comité de suivi des nappes du Sud-Vendée, nous avons pu néanmoins relever deux avancées significatives :

1- La prise en compte de l’irrigation du printemps .

Jusqu’à cette année la gestion volumétrique ne démarrait qu’au 15 juin. Cela ne signifiait pas que l’irrigation démarrait à cette date, comme chacun le constatait, mais que les prélèvements antérieurs n’étaient pas comptabilisés.

Cependant, les canons à eau ayant fonctionné cette année encore dans la semaine précédant le 15 avril, les volumes correspondants à cette période ne seront donc pas pris en compte.

2- Les seuils d’alerte ont été généralisés sur les trois secteurs, et un second seuil d’alerte a été institué sur le bassin de l’Autize [voir les définitions des différents seuils er cotes dans l’encadré plus bas].

Rappelons cependant que le principe d’un système d’alerte à deux seuils avant la prescription d’arrêt total est généralisé dans les départements voisins (Bassin versant du Marais Poitevin) ; et que ces seuils d’alerte restent de toute façon beaucoup trop bas, en rapport avec un seuil d’arrêt total lui-même si bas qu’il a fort peu de chance d’être atteint, avec ou sans restrictions préalables !

A titre indicatif, la différence entre le niveau des seuils actuels et les cotes d’équilibre des nappes au droit du marais est de 2,50 m à 2,90 m selon les secteurs. Sait-on que toutes les cotes d’arrêt actuelles sont placées sous le niveau moyen de la mer ?

Organiser la gestion de la nappe phréatique nécessite d’éviter tout risque d’inversion de courant dans les zones périphériques du Marais. Cela signifie techniquement qu’il ne faut pas que le niveau des nappes descende sous le niveau contractuel des fossés du Marais. Cet état d’équilibre de la nappe phréatique est une donnée bien connue des hydrogéologues.

Sur la base de ce critère simple, il est possible de définir, par les trois points qui suivent, un protocole vraiment protecteur de la ressource en eau, des milieux aquatiques et du Marais :

1- Les seuils d’arrêt total de prélèvement, et en conséquence, les seuils d’alerte préalables, doivent être remontés de manière déterminante.

Ce relèvement est un impératif, qui ne saurait être conditionné à la création de ressources supplémentaires (les retenues dites de substitution). La sorte de chantage à laquelle se livrent les irrigants sur ce point est d’autant plus choquante que ces aménagements sont totalement financés par la collectivité. Sur le bassin de l’Autize, par exemple, plus de 10 millions d’euros bénéficieraient à pas plus de 120 irrigants).

S’il est indispensable d’accompagner financièrement une évolution des pratiques agricoles vers des systèmes mieux adaptés à nos terres et nos climats, cette fuite en avant n’est pas la réponse la plus durable.

2- Les volumes attribués (les « quotas ») - calés dans un premier temps sur l’historique de consommation de chaque exploitant -, doivent, dans les 3 ans, évoluer vers les volumes réellement disponibles. Ceux-ci sont à calculer en fonction de nouveaux seuils fixés non plus en fonction des besoins définis par les seuls irrigants, mais en tenant compte de la réalité des ressources hydrogéologiques.

3- Le fonctionnement du comité de suivi des nappes doit être revu.

Actuellement, ce comité ne se réunit qu’une fois par an, quand le dispositif est bouclé !

Il devrait se réunir au moins trois fois par an pour un bilan de l’étiage passé, la préparation de la saison à venir et un état des lieux intermédiaire.

Ce comité doit être plus représentatif. A l’instar de ce qui se passe ailleurs et pour ne pas être une simple chambre d’enregistrement, il aurait tout à gagner à s’élargir à la gestion de l’eau tous usages confondus et à l’ensemble du département , et à s’ouvrir à tous les représentants d’usagers, consommateurs inclus.

Ce communiqué est co-signé par le Coordination pour la défense du Marais Poitevin et la L.P.O Vendée.

Seuils d’alerte et cotes : une circulaire de mars 2005 organise des pratiques jusque là extrêmement différentes d’un département à l’autre. Cette réglementation prévoit la fixation de trois, voire quatre niveaux successifs d’alerte et de limitation des usages de l’eau :

Un premier seuil de vigilance et d’information :

 » » Déclenche des mesures de communication et de sensibilisation du grand public.

 » » Seuil absent en Vendée.

Un seuil ‘d’alerte 1’ : correspond au niveau de nappe (ou au débit d’une rivière) en-dessous duquel la coexistence de tous les usages et le bon fonctionnement du milieu aquatique ne sont plus assurés.

 » » Déclenche les premières mesures de restriction d’usages et de prélèvement.

 » »Ce seuil est généralisé aux trois secteurs des nappes sud-vendéennes.

Un seuil ‘d’alerte 2’ :

 » » Renforcement des mesures de restriction de prélèvement.

 » » En Sud-Vendée : application uniquement sur le secteur de l’Autize.

Un seuil d’arrêt total : correspond au niveau de nappe (ou au débit d’une rivière) en-dessous duquel sont mis en péril l’alimentation en l’eau potable et la survie des espèces présentes dans le milieu.

 » » Restrictions maximum des prélèvements domestiques et industriels, et interdiction des prélèvements à des fins agricoles.

La cote d’équilibre de la nappe d’alimentation du Marais Poitevin est celle en dessous de laquelle apparaissent des phénomènes d’inversion des courants : la nappe descend à un niveau inférieur à celui des fossés du marais, la circulation de l’eau s’inverse alors pour aller du marais vers la nappe.