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Les collectivités veulent-elles d’un Parc naturel régional de plein exercice ?

vendredi 25 février 2005, par CDMP

Les collectivités veulent-elles d’un Parc naturel régional de plein exercice ?

La décision de la Communauté d’agglomération de Niort (CAN) de se doter d’un incinérateur d’ordures ménagères et de l’implanter à Coulon (Deux-Sèvres) provoque de vives réactions dans la population. Le « moratoire » annoncé depuis par la CAN ne calmera peut-être pas les inquiétudes des riverains.

La Coordination pour la défense du Marais Poitevin exprime son soutien au collectif pour l’alternative à l’incinération. Elle le fait en lien avec l’association Deux-Sèvres Nature Environnement, co-fondatrice et co-animatrice de ce collectif, adhérente de la Coordination, et engagée de longue date dans la protection de l’environnement, dans la lutte contre les pollutions, et bien sûr dans la recherche de réponses cohérentes aux problèmes que pose la gestion de nos déchets.

Quant à la majorité du Conseil général de la Vendée, qui vient d’écarter le recours à l’incinération dans le traitement des ordures ménagères de ce département, elle a manifesté son intention de conditionner son adhésion à la relabellisation du Marais Poitevin au retrait du projet d’incinérateur à Coulon. Certains conseils municipaux pourraient être tentés de lui emboîter le pas.

Jusque là peu enthousiasmée par cette démarche de relabellisation pilotée par Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, et par Jacques Auxiette, son homologue en Pays de la Loire, la majorité du Conseil général de la Vendée voudrait-elle désormais s’afficher comme le plus exigeant de ses promoteurs ?

Il est pour le moins étonnant de voir certains conseillers généraux procéder au renversement d’arguments qui jusqu’alors ont constamment contribué à motiver l’opposition de la Vendée au Parc :

- l’existence d’un site Natura 2000 (1) deviendrait ainsi un argument positif, à utiliser comme repoussoir de l’incinérateur ; qu’importe que Natura 2000 ait été continûment et très violemment diabolisé sur le mode : "on veut interdire toute activité, les collectivités ne pourront réaliser aucun de leurs projets " !
- de même, l’implantation des services du Parc à Coulon (naguère encore preuve de "l’hégémonisme" picto-charentais sur le territoire) ferait désormais de cette localité "une commune symbolique" de l’unité maraîchine et de la dimension écologique du marais...

Au-delà de ces nouvelles gesticulations, la question est plutôt de savoir quelle place et quel rôle effectif les collectivités entendent donner à ce Parc, dans un territoire où chacun a encore trop tendance à tirer à hue et à dia…, voire à promouvoir, en terme de développement local, tout et son contraire.
Le Conseil général de la Vendée est-il prêt à accepter, de bon gré et de bonne foi, que ses propres approches et ses projets soient soumis à l’avis d’un Parc naturel régional de plein exercice, qui serait le garant d’un aménagement du territoire s’appuyant sur le respect des milieux naturels ? Ou ne montre-t-il pas plutôt qu’il fait le choix tactique d’ « investir » son opposition au Parc sur tout ce qui se présente (le sujet de l’incinérateur aujourd’hui, une autre occasion demain…) ?


(1) Par ailleurs, la méconnaissance des réalités liées à Natura 2000 conduit à amalgamer à tort deux sites bien différents dans leurs périmètres et quant aux enjeux qui ont en motivé la désignation : le site du Marais Poitevin, pour lequel les communes de Benet et Coulon sont concernées uniquement pour leur partie « marais » , et le site de la Plaine de Niort-Ouest. Le projet d’incinérateur est situé sur ce dernier périmètre. Comme son nom l’indique, celui-ci comprend (pour 88% de sa superficie) les terres cultivées de la plaine, dans un plateau calcaire qui est l’une des huit zones à Outarde canepetière retenues pour une désignation en ZPS en région Poitou-Charentes. L’Outarde canepetière et les 18 autres espèces d’oiseaux à protéger sur ce site ont été sévèrement touchées par les remembrements successifs, dont le dernier consécutif à la réalisation de l’autoroute Fontenay-Niort. Aujourd’hui, ces espèces sont d’abord et avant tout menacées par les pratiques agricoles intensives (notamment la faible diversification des cultures et l’emploi de pesticides…).